Dates de péremption, sécurité ou gaspillage délibéré ?

La récente sortie du livre Blanc de  « Too good to go » met l’accent sur le fléau que représente le gaspillage alimentaire. L’une des causes mise en avant dans ce livre blanc serait l’usage inadapté de dates de péremption trop courtes, mais aussi peu claires pour le consommateur. En réponse, l’association énonce plusieurs solutions afin de favoriser la conservation des aliments comme : rallonger ces dates ou encore effectuer des changements que ce soit en matière de packaging ou de sémantique.

Alimentation info intox vous propose quelques éclaircissements :

Quelle est la véritable utilité de ces informations ? Quelle est leur part de responsabilité dans le gaspillage alimentaire ? Enfin, les industriels en tirent-ils vraiment profit ?

« Les dates de péremptions on peut s’en passer » 

NON

La mise en place des Dates Limites de Consommation (DLC) sur les produits est une obligation réglementaire datant de 1984 afin de répondre à 2 objectifs :

  • Assurer la sécurité alimentaire des consommateurs en évitant le développement de micro-organismes néfastes.
  • Assurer la qualité nutritive et organoleptique du produit, que ce soit en termes de goût de texture ou encore d’apports nutritionnels, tout cela dans le but de ne pas décevoir les consommateurs.

Fixée sous la responsabilité des professionnels au terme d’essais de vieillissement du produit, la Date limite de Consommation est apposée sur des produits tels que les charcuteries, les viandes fraîches ou les plats cuisinés réfrigérés.

Ces dates sont donc une information clé pour assurer la sécurité sanitaire du consommateur et le prévenir de tout danger.

« Ces dates sont volontairement trop courtes »

– NON

Les producteurs ne fixent pas les durées de vie « à leur bon vouloir ».  Leur décision est encadrée, doit être justifiée auprès des autorités et repose sur une analyse basée sur les caractéristiques du produit et les conditions raisonnablement prévisibles de conservation tout au long de sa vie.

Par ailleurs, il est important de souligner que les industriels n’ont pas d’intérêt à raccourcir volontairement les DLC. En effet, en rayon, les consommateurs privilégient le produit avec la durée de vie la plus longue au détriment de l’aliment se périmant plus rapidement.

Une durée de vie plus courte n’incite donc pas le consommateur à acheter le produit. Raccourcir volontairement les DLC n’a donc pas de sens économique.

« Les dates de péremption sont responsables du gaspillage alimentaire » 

ATTENTION AUX CONFUSIONS !

Sources de confusion, les différents sigles présents sur les packagings peuvent amener les consommateurs à confondre Date de Durabilité Minimale (DDM) et Date Limite de Consommation (DLC). Mais ils ne sont malheureusement pas les seuls. En effet, les commerçants eux aussi peuvent se retrouver confus et jeter des denrées encore consommables.

Selon une étude du WRAP, 14 % des consommateurs assimilent une DDM à une date sanitaire (WRAP, Consumer insight : date labels and store guidance, 2011). Ainsi, ce sont 35 % des produits ayant une DDM qui sont jetés avant ou le jour de la date indiquée.

Pour rappel :

  • DDM : La Date de Durabilité Minimale (à consommer de préférence avant le …) est présente sur les produits d’épicerie et congelés. Le dépassement de cette DDM ne présente aucun risque pour la santé. Le produit sera peut-être moins riche en saveurs et en texture.
  • DLC : Date Limite de Consommation. Elle concerne les produits périssables, frais et fragiles (viandes, jambons, laitages). Ce sont ces produits que l’on qualifie de « sensibles ».

Y a-t-il des efforts à faire ?

OUI et c’est en cours

Deux types d’actions sont à mener de front :

  • Un travail des entreprises alimentaires en lien avec les autorités pour lutter contre le gaspillage alimentaire afin de déterminer des dates et un étiquetage plus cohérent, en veillant à ce que la sécurité sanitaire des denrées ne soit pas compromise. Pour une meilleure compréhension des consommateurs, une évolution de la formule de la DDM pourrait être une voie intéressante : elle s’inspirerait de la mention anglaise « best before », traduite en français par « meilleure avant ». Mais avant cela, il est nécessaire de s’assurer que les consommateurs la comprendront mieux (notamment à travers des études de consommation).
  • En parallèle, un travail de pédagogie doit être mené auprès des consommateurs afin qu’ils aient une meilleure compréhension des notions de date limite de consommation et de date de durabilité minimale. Les entreprises ont un rôle à jouer en matière d’éducation alimentaire car celle-ci reste, aujourd’hui, la meilleure réponse pour prévenir les mauvais comportements.

La lutte contre le gaspillage alimentaire est en cours :

Si les industries alimentaires ne représentent que 2% des déchets alimentaires produits en France sur l’ensemble du cycle de vie des produits (hors amont agricole), la lutte contre le gaspillage constitue un enjeu majeur. Les actions et engagements concrets des entreprises portent notamment sur :

  • La conception de produits et formats permettant de limiter le gaspillage alimentaire.
  • L’optimisation des procédés de fabrication afin d’éviter les pertes et le gaspillage (valorisation des co-produits, prévention des déchets, formation du personnel, …).
  • L’accompagnement des consommateurs dans leur quotidien (informations sur l’utilisation des produits, diffusion de bonnes pratiques, …).
  • L’accompagnement des acteurs de la restauration.
  • Le don de produits.

Bon à savoir, les entreprises alimentaires se sont engagées dès 2013 aux côtés de l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire, dans la signature du Pacte national. Ce dernier, a pour objectif de réduire le gaspillage alimentaire en France de 50% à horizon 2025.

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