E171 : comprendre les trois débats

Après de nombreux rebondissements depuis maintenant plus d’un an, le sujet de l’additif alimentaire E171 (dioxyde de titane) revient sur le devant de l’actualité en ce début d’année 2019. Ce sujet dont se sont emparé à tour de rôle les associations de consommateurs, les médias et le gouvernement se retrouve au cœur de 3 grands débats, décryptage :

1. Le débat scientifique

Le dioxyde de titane est une poudre aux propriétés blanchissantes autorisée par la réglementation française et européenne et utilisée par de nombreux secteurs de l’industrie.

En 2017, une étude de l’INRA soumettait l’hypothèse que la consommation de l’additif alimentaire E171 sous forme nanométrique pouvait à terme entraîner des lésions pré-cancéreuses sur les rats. L’INRA précisait néanmoins que l’on ne pouvait extrapoler ces résultats à l’homme et qu’une analyse de risques complémentaire chez l’homme devait être menée par les autorités.

Dans son avis du 14 septembre 2016 relatif à la réévaluation du dioxyde de titane, l’EFSA a conclu que les données disponibles sur le dioxyde de titane dans les aliments n’indiquaient pas de problème pour la santé des consommateurs.

En parallèle, les pouvoirs publics français ont saisi l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) afin d’obtenir une réévaluation l’additif E171.

Les résultats sont attendus dans le cours de l’année.

2. Le débat réglementaire

La suspension unilatérale envisagée par le gouvernement français, sans attendre l’évaluation de l’ANSES, sonne comme un « Frexit » réglementaire et décrédibilise les autorités européennes laissant entendre que l’Europe est laxiste et inefficace sur les questions sanitaires.

Pourtant, en ce qui concerne les produits alimentaires, il est important de rappeler que la réglementation européenne encadre très précisément l’autorisation des additifs ou encore l’étiquetage. Il s’agit d’ailleurs sans nul doute de la réglementation la plus exigeante au monde. Faisant de l’Europe et en particulier de la France un champion en matière de sécurité des aliments.

3. Le débat citoyen

Enfin, cet additif alimentaire est au cœur d’un véritable débat citoyen. Un débat sur la simplification des recettes.

L’ANIA s’est engagée depuis plusieurs années pour soutenir ses adhérents dans les démarches de simplification de leurs recettes, avec des listes d’ingrédients plus courtes, et la suppression d’additifs alimentaires non indispensables, quand cela est possible.

En ce qui concerne l’additif alimentaire E171, les démarches de substitution sont d’ores-et-déjà engagées. Elles sont complexes, coûteuses, et posent notamment le problème de l’évaluation des alternatives, car changer un processus industriel n’est pas une décision que l’on peut prendre à la légère et son instauration ne peut se faire du jour au lendemain

Les entreprises ont besoin de stabilité et de cohérence. Pour cela le cadre réglementaire doit être clairement défini, respecté et ne pas être assujetti à des évolutions impromptues. Les entreprises de l’alimentation ont besoin d’un juge de paix, cela doit continuer d’être le rôle des autorités françaises et européennes !

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