Emballages : halte aux infox !

Le 23 octobre dernier, l’application mobile Yuka écrivait à sa communauté au moyen d’un article de blog sur les emballages dits « toxiques ». À en croire ce billet, la très grande majorité des emballages proposés seraient constitués de composés nocifs intoxiquant le consommateur. 

Alors, peut-on se passer des emballages alimentaires ? Sont-ils réellement toxiques ? Les solutions avancées dans l’article comme le vrac sont-elles LA solution ? 

C’est l’objet de cet article info-intox.

Les emballages alimentaires sont utiles 

Les emballages alimentaires jouent d’abord un rôle sanitaire indispensable. Dans un secteur aussi règlementé que celui de l’alimentation, où la sécurité du consommateur est primordiale, les emballages alimentaires jouent un triple rôle :

  • Conserver et protéger les aliments de l’environnement extérieur afin de garantir leur innocuité et leur conformité aux attentes des consommateurs. 
  • Fournir une information utile sur la composition du produit fini grâce aux mentions légales présentes sur l’étiquetage.
  • Permettre le transport et le stockage depuis les ateliers de production vers les centrales d’achat et in fine le consommateur, tout en facilitant l’utilisation du produit fini par ce dernier. 

Les emballages alimentaires sont sûrs 

Si l’article dresse une liste d’emballages en prenant le soin de notifier leur pseudo dangerosité, plusieurs éclaircissements s’imposent : 

  • Concernant les plastiques, l’auteur met en garde contre la qualité de plastiques « nocifs » ainsi que leur « mauvaise résistance » à la chaleur laissant entendre la migration de ces éléments vers les aliments. Or, la réglementation européenne applicable aux matériaux plastiques prévoit l’évaluation des substances avant leur autorisation sur le marché. Cette évaluation porte sur tous les effets négatifs associés à une substance, y compris ceux liés à une perturbation du système endocrinien. Ainsi, si les plastiques sont utilisés c’est qu’ils ont été validés car ne présentant, aux yeux des autorités de contrôle, pas de risque pour le consommateur s’ils sont utilisés dans les conditions prévues à cet effet.
  • En ce qui concerne le carton, il serait aussi à supprimer en raison du risque de migration potentielle d’huiles minérales. Les fabricants d’emballages ont pourtant revu leurs modes de fabrication pour répondre aux attentes des consommateurs : choix adapté de matériaux, utilisation d’encres sans huiles minérales et de matériaux protecteurs dits barrières lorsque cela est nécessaire.
  • Derniers emballages décriés, les « conserves et aluminium » qui seraient, toujours selon l’article, à « éviter au maximum ». Les boîtes de conserves et canettes en aluminium sont pourtant des matériaux sûrs qui garantissent la sécurité des consommateurs !

De façon générale, pour concevoir et utiliser des emballages industriels, les entreprises de l’emballage et de l’alimentation doivent respecter un certain nombre d’obligations réglementaires. Les règlements européens (CE) n°1935/2004 et (CE) n° 2023/2006 définissent les exigences qui s’appliquent aux matériaux et objets destinés à entrer en contact avec les denrées, produits et boissons alimentaires mis sur le marché communautaire. L’objectif de ces règlements est d’assurer le niveau de protection maximal du consommateur. Ainsi, chaque emballage est fabriqué conformément aux normes en vigueur afin qu’il ne représente aucun danger pour la santé humaine  ou qu’il n’altère pas les propriétés organoleptiques des aliments (apparence, goût, odeur, texture, consistance). Les entreprises se plient également aux exigences strictes de la Direction Générale de la Concurrence et de la Répression des Fraudes (DGCCRF).

En outre, les entreprises réalisent des tests et des homologations complémentaires destinés à s’assurer que le matériau choisi pour l’emballage est bien en adéquation avec le processus de fabrication et le contenu.

Laisser entendre que ces produits ne sont ni testés ni approuvés avant leur commercialisation est donc factuellement faux. 

Alternatives : le vrac pour supprimer l’emballage ? Pas si simple !

Très souvent présenté comme LA solution aux emballages, le vrac s’intègre bien dans une économie circulaire, à la réserve près qu’il n’est pas possible pour toutes les denrées alimentaires. 

Mais contrairement aux idées reçues, vrac ne veut pas dire dénué de tout emballage. En effet, les produits vendus sous cette forme utilisent en réalité 2 types d’emballages successifs : 

  • Le premier est utilisé pour transporter les aliments du lieu de production jusqu’au magasin 
  • Le deuxième pour transporter les aliments du lieu de vente jusque chez le consommateur final.

Ainsi comme le note le Conseil National de l’Emballage (CNE: Il est faux de dire que « le vrac » supprime l’emballage. Il n’est d’ailleurs pas prouvé que les systèmes d’emballages successifs du vrac soient obligatoirement moins impactants pour l’environnement.

Enfin, pour que le vrac réponde bien aux attentes des consommateurs, il est indispensable de s’assurer que les denrées sont correctement manipulées et mises en vente en toute sécurité, et que les informations nécessaires (données nutritionnelles, liste d’ingrédients…) sont bien accessibles sur le lieu de vente.  

Alors que les consommateurs exigent toujours plus d’informations sur les aliments qu’ils consomment, la suppression des données nutritionnelles, des listes d’ingrédients ou du code barre (essentiel pour des applications comme Yuka) constitueraient un retour en arrière préjudiciable. 

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