Non, le Bisphénol S n’est pas utilisé dans la fabrication d’emballages alimentaires !

La récente sortie de l’étude Environnemental Health Perspectives, menée par des chercheurs toulousains en collaboration avec les Universités de Montréal et de Londres sur les risques potentiels du Bisphénol S (BPS) a été très largement relayée par les médias. 

Cette étude effectuée sur des porcelets a démontré que le Bisphénol S (BPS) persistait plus longtemps dans l’organisme que le A. Et que de ce fait, l’animal avait en réalité plus de mal à éliminer le S que le A. En outre, la concentration relevée de Bisphénol S dans le sang serait beaucoup plus élevée que celle du Bisphénol A. Les données toxicologiques de l’étude sont toutefois encore insuffisantes pour évaluer le danger associé et appellent à de nouvelles investigations. 

Ce rapport suscite des inquiétudes légitimes et lorsqu’il s’agit de la santé du consommateur, l’ensemble des acteurs de filière alimentaire restent très attentifs aux travaux de recherche pouvant apporter de nouvelles connaissances sur certains produits ou certaines pratiques. 

Il est toutefois regrettable que dans les exemples de produits incriminés, les emballages alimentaires soient régulièrement cités.  Cela alors que le Bisphénol S n’est pas utilisé dans la fabrication d’emballages alimentaires !

Alors, qu’est-ce que le Bisphénol A ? Les emballages de produits alimentaires contiennent-ils, comme l’indiquent plusieurs sources, du Bisphénol S ? 

Des réponses s’imposent.

Qu’est-ce que le Bisphénol A ? 

Le Bisphénol A (BPA), est une substance utilisée depuis plus de 50 ans dans un grand nombre d’applications industrielles. Ses deux principales utilisations ont longtemps été la fabrication de plastique (de type polycarbonate) et de résines époxydes. 

Qualifié de perturbateur endocrinien, le BPA a été interdit le 1erjanvier 2015 dans la composition des contenants alimentaires (biberons, bouteilles, conserves, etc.). Les entreprises agroalimentaires françaises ont immédiatement réagi et un processus de recherche et développement a été mis en œuvre en collaboration avec les fournisseurs d’emballages. Cette coopération a permis de développer de nouveaux matériaux qui ont pu être utilisés dans les conditionnements, contenants ou ustensiles en contact avec les denrées alimentaires.

Plus concrètement, la recherche de nouveaux vernis permettant de remplacer les vernis époxy (fabriqués à partir de Bisphénol A) a nécessité de longs mois d’investigation, d’analyses, de tests, réalisés tout au long de la durée de vie des produits. 

Les premiers essais ont vite démontré qu’il n’existait pas un substitut universel, c’est-à-dire adapté à toutes les denrées alimentaires. C’est pourquoi plusieurs centaines de vernis alternatifs ont dû être expérimentés afin de garantir une totale innocuité pour les consommateurs. 

Le Bisphénol S a-t-il remplacé le Bisphénol A dans les emballages alimentaires ? 

NON, et il important de le souligner ! 

… Contrairement à ce qui continue d’être abondamment relayé, le Bisphénol A n’a pas été substitué par le Bisphénol S dans les emballages alimentaires. Le Bisphénol S n’est tout simplement pas utilisé par les fabricants dans la réalisation d’emballages alimentaires, quels qu’ils soient.

Ainsi, le Bisphénol S n’est utilisé :

Ni dans la fabrication des emballages métalliques destinés au contact alimentaire (boîtes de conserve, cannettes…) :

–       Depuis le 1erjanvier 2015, les vernis des emballages métalliques destinés au contact alimentaire fabriqués en France ne sont plus élaborés à partir de Bisphénol A. 

–       Les fabricants d’emballages métalliques destinés au contact alimentaire n’utilisent pas non plus de vernis et résines élaborés à partir de Bisphénol S, ils ont en effet privilégié d’autres types de vernis et résines, fabriqués à partir de matériaux connus, contrôlés et autorisés pour les emballages alimentaires et qui ne présentent pas de risque pour la santé : les résines polyesters, acryliques et vinyliques.

Ni dans la confection des emballages plastiques : 

  • L’interdiction du BPA est revenue à supprimer le polycarbonate qui était déjà peu utilisé pour emballer les denrées alimentaires. 
  • Pour le remplacer, les industriels concernés n’ont pas substitué le BPA par le BPS mais se sont tournés vers les principaux polymères déjà utilisés : le PET, le PE, le PA et le PP qui ne contiennent pas de BPS. 

Ni pour les encres utilisées pour les emballages alimentaires :

  • Pour ces encres, notamment UV, les dérivés époxy ont été remplacés par d’autres matières premières ne contenant pas de Bisphénol S.

Les fabricants d’emballages n’ont donc pas utilisé le BPS comme substitut au BPA, pour tous leurs emballages destinés au contact alimentaire. 

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