Non les dates de péremption (DLC) ne sont pas faites pour inciter à consommer plus !

Le dernier « Envoyé Spécial » diffusé le 5 septembre 2019 était consacré à la thématique du gaspillage notamment alimentaire. Véritable fléau environnemental et sociétal à l’échelle planétaire, le gaspillage alimentaire est un sujet majeur de préoccupation pour les entreprises qui fabriquent les produits. Comment accepter que des produits soient jetés sans avoir été consommés ? 

Dans cette émission, un reportage était consacré au lien entre les dates de péremption et le gaspillage alimentaire. Malheureusement, ce reportage s’est contenté de céder à la facilité à coup de contre-vérités préjudiciables pour les consommateurs. UN seul témoignage permet aux journalistes d’insinuer que les entreprises de l’alimentation établiraient arbitrairement et délibérément des dates de péremption (DLC) trop courtes dans le seul et unique but de générer toujours plus de profit.

Qu’en est-il réellement ? Comment ces dates sont-elles déterminées ? Enfin, quel est le réel lien entre DLC et gaspillage alimentaire ? 

On vous explique en toute transparence de quoi il s’agit. 

Non, les dates de péremption ne sont pas déterminées par les fabricants « selon leur bon vouloir » !

Les DLC répondent à un impératif de sécurité sanitaire. Elles permettent également de répondre à l’exigence des fabricants de proposer des produits correspondant aux attentes des consommateurs en termes de goût, texture, aspects. Elles s’appliquent à des denrées périssables qui après une courte période après ouverture de leur emballage peuvent présenter un danger immédiat pour les consommateurs.  Cette date est obligatoire et les denrées doivent être retirées de la vente dès lors que cette date est dépassée.

Oui, les DLC sont fixées par le fabricant. Elles engagent sa responsabilité vis-à-vis des consommateurs et doivent impérativement être justifiées auprès des autorités de contrôle. 

Pour fixer une date limite de consommation, le fabricant a pour responsabilité de prendre en compte les conditions prévisibles tout au long de la vie du produit, c’est-à-dire de sa fabrication à sa consommation. 

C’est pourquoi il doit tenir compte : 

  • des évolutions microbiologiques et organoleptiques de son produit : microorganismes pathogènes, indicateurs d’hygiène, flore d’altération.
  • de la nature des ingrédients
  • du procédé de fabrication
  • du type de conditionnement
  • et des modalités de conservation…

Les dates limites doivent prendre en compte les conditions de conservation tout au long de la chaîne de production jusque chez les consommateurs ! 

Si le fabricant contrôle les paramètres énoncés précédemment pour définir les DLC, il doit, de plus, estimer ses conditions de conservation, une fois le produit sorti des stocks.  

En effet, que ce soit dans les entrepôts de la grande distribution, en rayon ou encore chez les consommateurs, les températures et les conditions de conservation peuvent varier avec à la clé un réel impact sur le produit et sa sécurité sanitaire. 

Or, la température du réfrigérateur des consommateurs est loin d’être uniforme : d’après un rapport de l’ANSESalors que la température de la zone la plus froide du réfrigérateur doit être comprise entre 0 et 4°C, pour 50% des ménages elle serait en réalité entre 2 et 6°C et 44% auraient un réfrigérateur avec une température supérieure à 6°C. Ces variations doivent être estimées dans les modèles de définition des DLC.

Il est calomnieux de dire que les entreprises ont intérêt à raccourcir volontairement les DLC. En effet, en rayon, les consommateurs privilégient le produit avec la durée de vie la plus longue au détriment de l’aliment se périmant plus rapidement. 

Une durée de vie plus courte n’incite donc pas le consommateur à acheter le produit ! 

Confusion entre DLC et DDM : une grande source de gaspillage alimentaire à la maison.

Si les dates de péremption peuvent parfois contribuer au gaspillage alimentaire, c’est essentiellement dû, comme le relève le livre blanc de la startup « Too Good too Go » interrogée dans le reportage, à une confusion chez les consommateurs entre les Dates de Durabilité Minimales (DDM), « à consommer de préférence avant le » et les DLC « à consommer jusqu’au ». 

Selon une étude du Waste and Resources Action Program de 2011, 14 % des consommateurs assimilent une DDM à une date qui fixe la sécurité sanitaire du produit, ce qu’elles ne sont pas. Ainsi, ce sont 35 % des produits ayant une DDM qui sont jetés avant ou le jour de la date indiquée.

Des actions sont en cours pour améliorer la compréhension des mentions DLC/DDM par le consommateur mais aussi mieux l’informer sur leur signification et leur impact.  

Retrouvez ici le détail des actions en cours menées par les entreprises pour lutter contre le gaspillage alimentaire et pour travailler sur des mentions plus cohérentes.

Dernier point, si la France est le deuxième pays le plus sûr au monde en matière de sécurité sanitaire des aliments, c’est bien grâce à des mesures sanitaires drastiques comme celles sur les DLC, qui sont appliquées avec responsabilité par les entreprises de l’alimentation.

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