Spanghero : l’heure du bilan

Le procès des dirigeants de la société Spanghero ravive de nombreux questionnements quant aux contrôles sanitaires du secteur alimentaire. Cette société à l’origine du scandale de la viande de cheval de 2013 continue de laisser planer une ombre sinistre sur le secteur alimentaire, victime de fraudes autant que de nombreuses désinformations.

6 ans plus tard où en est-on réellement ? Un bilan s’impose autour de trois questions :

1. Spanghero, cas particulier ou généralité ?

Le scandale de la viande de cheval est un cas isolé de fraude.

Cette escroquerie en bande organisée savamment orchestrée, les entreprises de l’alimentation en sont aussi les victimes. Ces agissements illicites jettent le discrédit sur l’ensemble des entreprises d’un secteur qui elles se conforment aux lois et œuvrent chaque jour pour garantir la santé des consommateurs.

On ne peut pas jeter l’opprobre sur toute la filière sous prétexte qu’il y a eu problème de fraude sans précédent, qui heureusement reste exceptionnel et doit bien sûr être très fermement sanctionné.

2. Est-ce que les contrôles ont été renforcés depuis cette crise ?

Oui

Rappelons tout d’abord qu’à l’époque, les produits frauduleux (qui heureusement ne présentaient pas de danger pour la santé des consommateurs) ont été tracés et retirés du marché en 48h seulement grâce à un système de traçabilité extrêmement performant.

Toutefois, consciente qu’il fallait travailler sur un système de traçabilité et de contrôles encore plus performant, toute la filière s’est mobilisée.

De nouvelles mesures ont été prises afin de renforcer les contrôles avec notamment :

  • La mise en place de la loi Hamon qui a presque multiplié par dix les amendes en cas de tromperie.
  • Un renforcement de la lutte contre les fraudes au même des entreprises (intégrée dans leurs plans de maitrise sanitaire).

Le réseau européen le Food Fraud Network a également été créé pour une meilleure collaboration entre Etats membres.

En complément de ce dispositif, l’ANIA a élaboré une charte anti-fraude (en partenariat avec les pouvoirs publics) qui a été partagée avec toutes les entreprises de l’alimentation. 

Elle permet de :

  • Cadrer les règles applicables à tous les intervenants de la chaine pour s’assurer que toute entreprise est parfaitement informée des éléments que doit lui transmettre son fournisseur. 
  • Renforcer le contrôle des certificats remis par le fournisseur et exercer un contrôle plus approfondi à réception de la matière première. Des mesures complémentaires telles que des analyses sur les matières premières et un audit des fournisseurs en amont sont également préconisées en cas de doute.
  • Lister un faisceau d’indices à prendre en considération pour déceler une éventuelle fraude et déclencher des contrôles complémentaires nécessaires.

3. Comment aller plus loin ?

En impliquant encore plus l’ensemble de la chaîne.

Afin d’aller encore plus loin dans la lutte contre la fraude et assurer une sécurité maximale pour la santé des consommateurs, il est nécessaire que l’ensemble des acteurs à savoir fabricants, distributeurs, laboratoires et autorités publiques prennent leurs responsabilités et s’engagent collectivement.

C’est dans cet esprit que les industriels et les distributeurs se sont engagés dans une étroite collaboration pour créer de nouveaux outils afin d’améliorer la traçabilité des produits notamment lors des retraits.

L’innovation et les progrès technologiques vont également permettre d’améliorer les process avec le développement de nouvelles méthodes permettant de dresser les « profils » chimiques ou génétiques des matières premières ou des produits transformés.

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