Stop aux confusions et aux amalgames ! Non les entreprises ne veulent pas privatiser leurs données.

Le 31 mai dernier, un article à charge de Mediapart expliquait qu’un certain « lobby agroalimentaire » partait en guerre contre les applications dites « citoyennes ». En cause, les projets CodeOnline Food et Num-Alim portés par un ensemble de partenaires de la filière alimentaire, dont l’ANIA. Il n’en faut pas plus pour que Mediapart en conclue à une manœuvre pour « privatiser les données et les placer à la merci des choix du lobby de l’industrie ».

Mais qu’en est-il réellement ? En quoi consiste Num-Alim ? Pourquoi ce projet a-t-il été lancé ? L’objectif est-il réellement de freiner le libre-accès des données et de « partir en guerre contre les applis citoyennes » ?

Jouons cartes sur table et faisons, une fois pour toute, la lumière sur ce sujet.

Qu’est-ce que Num-alim ? Pourquoi ce projet ?

Ce projet a été lancé en 2018 afin de répondre aux attentes des consommateurs qui recherchent une information simple, lisible et numérique sur leurs produits alimentaires, une vraie transparence, en cohérence avec les conclusions des Etats Généraux de l’Alimentation.

Aujourd’hui, pour mieux décrypter les informations que les fabricants apposent au dos de leurs produits, les consommateurs utilisent de nouveaux outils digitaux et notamment des applications mobiles dédiées aux produits alimentaires. Ces applications se sont, au départ, appuyées sur une base de données ouverte fonctionnant grâce à des contributions volontaires : Open Food Facts. Aujourd’hui, pour éviter les erreurs de saisie, les applications mobiles se tournent de plus en plus en direct vers les fabricants de produits.

Avec CodeOnline Food (la carte d’identité digitalisée des aliments), première étape de Num-Alim, l’objectif est de créer une base de données renseignée directement par les fabricants, totalement fiable et mise à jour, tout comme l’étiquetage obligatoire sur les produits.  Avec une interopérabilité entre tous les acteurs. Et qui permettra à terme d’intégrer des données extrêmement variées, de l’agriculteur au magasin, et au-delà.

L’objectif est-il réellement de freiner le libre-accès des données et de « partir en guerre contre les applis citoyennes » ?

NON. Tout cela relève du fantasme !

Qui mieux que les fabricants pour renseigner directement une base de données de façon fiable sur les produits qu’ils fabriquent ? Open Food Facts reprend aujourd’hui les étiquettes des produits, intégrées ensuite par des tiers dans la base de données. L’idée est de supprimer cet intermédiaire pour une plus grande fiabilité.

Les entreprises de l’alimentation ont la connaissance intime et en temps réel de la composition des produits qu’ils préparent chaque jour. Les recettes évoluent, les compositions des produits ou leur valeur nutritionnelle changent, sont optimisées, en parallèle de l’évolution des connaissances scientifiques… 

Tout comme pour l’étiquetage des aliments, il s’agit donc de permettre aux fabricants de saisir les données sur les produits qu’ils fabriquent dans une base de données numérique, et d’en faire bénéficier tous ceux qui voudront les analyser, les interpréter, les publier. Cette base de données pourra ainsi nourrir une application comme YUKA, et même l’enrichira, avec la plate-forme Num-Alim qui agrègera tous les nouveaux types de contenus.

Il ne s’agit donc pas de se substituer ou de s’opposer aux démarches des applications existantes mais bien d’actualiser et donc de crédibiliser la nature des informations portées à leur connaissance.  

C’est une démarche de transparence qui, nous en sommes certains, recréera de la confiance.

Alors, faut-il vraiment s’inquiéter de ce que l’industrie alimentaire digitalise les données sur les produits qu’elle fabrique ? Faut-il réellement craindre des « perspectives inquiétantes qui se profilent » ?

Arrêtons les procès d’intention et les polémiques stériles. Cette méfiance à l’encontre de notre secteur n’est bonne pour personne : les 18 000 entreprises alimentaires et les 427 000 salariés qui y travaillent sont dénigrés et les consommateurs sont angoissés. Il est temps d’avancer !

Qu’on se le dise une fois pour toutes : au-delà des enjeux de transparence, Num-Alim est la première pierre d’un chantier beaucoup plus vaste. Celui d’une alimentation plus sûre, plus saine et plus durable. Un chantier bénéfique non seulement pour les consommateurs, mais aussi pour l’ensemble des acteurs de l’alimentation, qu’il s’agisse d’entreprises de toutes tailles ou encore d’applications mobiles alimentaires. C’est un projet dont nous sommes fiers.

Il est aujourd’hui temps de comprendre qu’une initiative portée par une entreprise ou le secteur alimentaire n’est pas de facto une mauvaise chose. Cette vision manichéenne ne sert personne.

Laissons les faits parler d’eux-mêmes, et regardons-les objectivement, sans œillères.

Ce n’est qu’en travaillant ensemble, en laissant à chacun la maîtrise de ses compétences propres, que l’on recréera de la confiance dans un paysage alimentaire français bien plus positif, gourmand et passionnant.

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